Résumé historique de la commune de Saint-Mamet-La Salvetat

La commune est ainsi officiellement désignée depuis le 3 août 1844, où par ordonnance royale promulguée en son palais de Neuilly, le roi Louis-Philippe décréta que les communes de Saint-Mamet et de La Salvetat étaient réunies et n’en formeraient désormais plus qu’une, désignée sous le nom de Saint-Mamet-La Salvetat.
On pourrait voir dans cet acte une sorte de répétition de l’histoire. En effet, déjà en juillet 1019, ces deux villages ou plutôt leurs églises dédiées à saint Mamet et à saint Jean-Baptiste, appartenant alors aux sires de Calmon d’Olt-Saint Santin (Rouergue), furent par ces derniers associées et données à l’abbaye de Conques. 
Les bénédictins de Conques ne conservèrent que peu de temps la propriété des deux églises. La première, celle de Saint-Mamet,  passa dans le giron des évêques et du chapitre cathédral de Clermont, tandis que la seconde, dédiée à saint Jean, fut dès le premier quart du XIIe siècle, le siège d’une commanderie de l’Ordre des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, plus connu de nos jours sous le nom de Ordre Souverain de Malte.
Dans leur donation, Hugues, Pierre et Etienne de Calmon précisent qu’outre  l’église de Saint-Mamet et divers villages ou hameaux en dépendant, est aussi compris l’établissement ou maison que Gilbert de Félines vient d’y faire édifier.
Or, ce Gilbert de Félines est l’auteur et le premier personnage de cette famille dont et depuis, les successeurs immédiats, prirent les noms et titre de seigneurs de Saint-Mamet. L’établissement de Gilbert de Félines fut en fait le château ou maison forte du lieu, laquelle  passa peu après, sous la suzeraineté des évêques de Clermont. Ces derniers jouirent de ce droit jusqu’en 1789. Néanmoins, le reste du bourg et de la paroisse demeura sous celle des Calmon d’Olt ou de leurs successeurs dans la baronnie de Saint-Santin.
Les revenus des seigneurs de Saint-Mamet furent toujours assez modestes, ils ne leur permirent pas de contracter des alliances avec de riches héritières. De ce fait, leurs épouses furent la plus part du temps choisies dans des familles bourgeoises, mais néanmoins aisées.
Pour augmenter leurs ressources, les Félines-Saint-Mamet ayant fait des études de droits, occupèrent des charges judiciaires au sein du baillage et siège présidial d’Aurillac. Deux d’entre eux, Georges de Saint-Mamet en 1508 et son fils Géraud, occupèrent jusqu’en 1564 la haute charge de lieutenants du bailli des Montagnes d’Auvergne.
Pierre de Saint-Mamet leur neveu et successeur,  fut encore conseiller au même siège, mais un long procès afin d’obtenir leur succession, usurpée par un neveu de l’épouse de Géraud,  auquel vinrent encore s’ajouter les destructions occasionnées par les guerres de religion, dont l’occupation et la ruine totale du château ancestral, affaiblirent encore la fortune de la famille.
Pierre de Saint-Mamet, n’ayant eu de son mariage que deux filles, l’aînée Catherine, apporta la seigneurie par mariage en 1591 à Pierre de Brossinhac, cadet d’une famille noble mais peu argentée, originaire du Rouergue. Leurs successeurs tout comme les Félines-Saint-Mamet épousèrent des filles issues de la bourgeoisie dont les dotes s’ajoutant aux cens rentes perçus dans la seigneurie, furent toujours les bienvenues et permirent en 1745 à Clémence-Geneviève de Brossinhac dernière du nom, d’épouser et d’apporter ses biens, à Joseph  de Sarret, seigneur de Fabrègues, près Aurillac, de Nozières et autres lieux, chevalier d’honneur au présidial d’Aurillac.
C’est pour ce couple que quelques années plus tard, seront érigées en comté, les terres de Saint-Mamet, Nozières et Fabrègues.
Cependant au moment de la révolution, l’un de leur fils ayant émigré et se trouvant veuve, la dame de Saint-Mamet fut un temps emprisonnée et ses biens placés sous séquestre. Elle réussit néanmoins à se faire libérer et parvint après de multiples et courageuses démarches, à éviter que ses possessions soient vendues comme bien nationaux.
De ce fait, et malgré que suite aux guerres de religion,  le château n’ait  pu être rétabli dans son intégrité avec ses tours et autres signes de noblesse, mais seulement réédifié en forme de grande maison bourgeoise, ni lui ni ses dépendances ne passèrent dans des mains étrangères. Le tout  s’étant  transmis depuis l’an mil, de génération en génération et jusqu’à nos jours, par héritage et succession  familiale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quant au bourg de Saint-Mamet lui-même, son histoire n’a laissé que peu de traces si ce n’est quelques évènements concernant son église. Celle-ci selon la tradition orale, aurait été édifiée sur la tombe même du saint éponyme ayant  évangélisé la Châtaigneraie. Son architecture, mis à part sa fenêtre du chevet rappelant le XIIe siècle, paraît dans son ensemble, dater du XIVe siècle.
Lors des guerres de religion,  l’église fut plusieurs fois saccagée par les huguenots qui y tuèrent un prêtre dès les premiers troubles. Restaurée lorsque la paix fut rétablie, en 1680, un terrible incendie ayant consumé les trois quarts des maisons du bourg, se propagea aussi  à l’église et l’endommagea encore très sévèrement. Sa restauration entraina de grandes dépenses pour les habitants. Enfin, au XIXe siècle, la population de la paroisse ayant beaucoup augmenté, des bas côtés en forme de nefs latérales lui furent adjoints, lui donnant un aspect extérieur un peu lourd et presque carré.
Lors de la révolution, la paroisse étant devenue commune, aucun incident majeur n’est à noter si ce n’est un groupe de femmes qui réclamèrent au maire le battant d’une cloche que celui ci avait fait enlever…
Au XVIIIe siècle le chœur de l’église avait été embelli d’un retable en bois doré à présent inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques et en 1846 lui fut attribué par le gouvernement de l’époque, un grand tableau, à présent classé Monument Historique représentant le martyr de saint Laurent second patron de la paroisse.
Depuis longtemps saint Laurent avait aussi donné son nom au Puy ou colline éponyme, située au nord-ouest du bourg, de laquelle un magnifique panorama duquel la vue se porte jusque dans les départements alentour. En ce lieu, depuis au moins le XIVe siècle, se trouvait et se trouve encore une chapelle étant également dédiée à saint Laurent.
Lorsqu’en 1789 les paroisses furent érigées en communes, puis regroupées en  cantons, Saint-Mamet ne fut pas retenu du nombre de ces derniers. Cependant, quelques décennies plus tard,  un redécoupage administratif lui attribua ce titre, en lui adjoignant des communes initialement rattachées aux cantons d’Aurillac, Montsalvy ou Maurs. Néanmoins, si en 1844 son territoire avait été augmenté par celui de la commune de La Salvetat, en 1946, son étendue était amputée de quelques villages rattachés à la nouvelle commune du Rouget.
Enfin, par le tout récent et dernier découpage administratif ayant supprimé la moitié des chefs lieux de cantons, dont celui Saint-Mamet-La Salvetat, la commune se trouve ainsi ramenée ainsi au rang de simple commune, rattachée au canton de Maurs.

La Salvetat :

Pour l’ancienne commune de La Salvetat, fusionnée depuis 1844 avec celle de Saint-Mamet, ce redécoupage cantonal est un peu un retour sur l’histoire. En effet, dès la formation des premiers cantons, elle avait été rattachée et constituait à cette époque, la commune la plus septentrionale du canton de Maurs. Ce n’était là que la reprise du découpage administratif d’ancien régime, car jusqu’en 1789, la paroisse de La Salvetat faisait partie de la prévôté de Maurs…
Cependant, lorsque dans le premier quart du XIIe siècle, l’abbaye de Conques et les barons de Calmon d’Olt et de Saint-Santin,  donnèrent à l’Ordre des Chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui depuis 1113, venait d’être officiellement reconnu comme ordre religieux, l’église Saint-Jean et ses dépendances, ces derniers en firent un établissement de leur Ordre qu’ils érigèrent en sauveté sous le nom de « Domus de Salvitate » d’où en français le nom de Salvetat. A l’intérieur de cette sauveté dont le territoire fut marqué par quatre croix, les habitants jouissaient de privilèges non négligeables, comme entre autres, l’exemption de la dîme, la liberté d’exercer tout métier, le droit de partir s’installer ailleurs ou de revenir etc. De même, tout étranger poursuivi franchissant l’enclos des quatre croix s’y trouvait en sécurité, et ce, à cause du droit d’asile, qui s’étendait ici à environ un kilomètre dans les limites  marquées par les quatre croix, alors qu’ailleurs, ce droit d’asile n’était observé qu’à l’intérieur des églises.

Dès leur installation à La Salvetat, les Chevaliers de Saint-Jean y édifièrent jouxtant l’église, une maison et tour destinées à abriter leur petite communauté religieuse dont le supérieur fut appelé commandeur, d’où plus tard l’appellation de commanderie affectée à tous les établissements de l’Ordre disséminés un peu partout en Europe. Au cours du 14ème siècle fut rattachée à La Salvetat la petite commanderie de Villedieu située aux confins des paroisses de Saint-Constant et du Trioulou dont la chapelle fut desservie jusqu’à la révolution par un prêtre rémunéré par le commandeur de La Salvetat. De même dépendait aussi de la commanderie comme annexe, le village de Silvestre et son église détruite par les protestants. Le tout formait alors, une petite paroisse enclavée dans celle de Roumégoux. En dépendaient aussi de nombreux cens et rentes perçus sur des villages de paroisses voisines, mais aussi parfois situées jusque dans le Rouergue ou le Quercy.  De ces revenus, le commandeur devait en envoyer environ un cinquième à Jérusalem puis ensuite à Rhodes ou à Malte afin d’entretenir l’hôpital dans lequel étaient accueillis les pauvres et les malades.   
Les noms des tout premiers commandeurs demeurent inconnus car morts probablement en Palestine ou à Rhodes. L’un d’eux frère Durand de La Prévôté, émerge cependant des brumes de l’histoire, il était  aux côtés et  l’un des familiers du Grand-Maître de l’Ordre, Foulques de Villaret lorsque ce dernier se lança et réussit la  conquête de l’île de Rhodes afin de s’y installer. Ce commandeur de La Salvetat fut envoyé avec une dizaine de hauts dignitaires de l’Ordre, depuis Rhodes en occident pour agréger les biens des Templiers qui par le concile de Vienne en 1312 avaient été supprimés et leurs biens dévolus à l’Ordre de Saint-Jean, nouvellement installé à Rhodes. 
A la fin du XVe siècle, un autre commandeur occupa des hautes fonctions au sein de l’Ordre. IL s’agit de frère Louis de Rilhac qui envoyé par le Grand-Maître pour une mission délicate auprès du roi de Chypre sut négocier et obtenir de ce dernier les livraisons de blé indispensables à Rhodes. Il n’était alors que commandeur de La Salvetat, mais par la suite, lui furent attribuées les commanderies  de Carlat, de l’Hôpital et de Saint-Jean-de Dône. Il termina sa carrière comme chef de la Langue d’Auvergne et  maréchal de l’Ordre, dignité qui en faisait le commandant en chef de toutes les troupes de l’Ordre, tant sur terre que sur mer.   
Après Louis de Rilhac et jusqu’en 1792, tous les seigneurs-commandeurs de La Salvetat, le furent également de Carlat.

Lors de la révolution tous les biens de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem,  alors installé depuis 1530 sur l’île de Malte, ayant été confisqués, à La Salvetat l’église demeura cependant celle de la paroisse, mais la tour et maison du commandeur furent vendues comme bien nationaux. L’ensemble, tant l’église propriété de la commune, que la maison du commandeur propriété privée, toujours entretenues ou restaurées, bénéficient depuis 1980 de la protection des Monuments Historiques.